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Flash info : Nous sommes tous les cristaux d’une même banquise
Révélation cosmique ou lapalissade ?
Figurez-vous que nous ne sommes pas SUR la Terre. Nous SOMMES la Terre. Je sais, je sais, c’est le genre de phrase qu’on entend généralement après le troisième verre de vin bio lors d’un dîner entre intellos écolos. Sauf que cette fois, c’est scientifiquement exact.
Chaque atome de votre corps a été forgé dans le cœur d’une étoile morte. Vous êtes littéralement fait de poussière d’étoiles. Ce qui veut dire qu’au fond, nous sommes tous des rock stars. Enfin, des “star rocks”. Ou des cailloux cosmiques conscients, si vous préférez.
Les cristaux qui se prennent pour des icebergs
Imaginez une banquise. Elle n’est rien d’autre qu’un assemblage de milliards de cristaux de glace. Chaque cristal est unique, avec ses propres facettes, mais retirez les cristaux et hop, plus de banquise.
Nous sommes ces cristaux. Vous, moi, votre voisin bruyant, cette mouche qui vous agace, le séquoia millénaire, la bactérie dans votre intestin qui fabrique votre sérotonine (et donc, techniquement, votre bonne humeur). Nous sommes tous des cristaux de la même banquise terrestre.
Le hic ? Nous sommes les seuls cristaux qui se sont mis dans la tête qu’ils étaient séparés de la banquise. C’est comme si votre orteil gauche décidait soudain qu’il n’avait rien à voir avec le reste de votre corps et partait faire carrière solo. Absurde ? Oui. C’est pourtant exactement ce que nous faisons.
La Terre prend conscience d’elle-même (et elle est perplexe)
Après 4,5 milliards d’années d’existence, la Terre a développé des neurones. Nous. Grâce à nous, elle peut enfin se regarder dans un miroir cosmique, contempler sa propre beauté depuis l’espace, s’émerveiller de sa complexité.
Sa première pensée consciente ? “Ah tiens, je suis magnifique vu d’en haut.”
Sa deuxième ? “Attendez, pourquoi est-ce que je suis en train de me détruire moi-même ?”
Parce que oui, nous sommes la Terre en train de se penser elle-même. Et notre première grande idée a été de polluer l’air qu’on respire, acidifier les océans qui régulent notre climat, et exterminer les insectes qui pollinisent nos cultures. Brillant. On devrait vraiment se féliciter pour notre QI collectif.
C’est un peu comme si vous décidiez de vous couper les poumons parce qu’ils prennent trop de place dans votre thorax.
Le syndrome du cristal rebelle
Un cristal qui tente de se séparer de la banquise ne devient pas libre. Il fond.
Cette phrase devrait être gravée en lettres d’or au fronton de tous nos parlements. Ou au moins sur des sous-bocks dans les bars. Parce que c’est mathématiquement évident : nous ne pouvons pas survivre sans l’écosystème dont nous faisons partie.
Pourtant, nous continuons allègrement à scier la branche sur laquelle nous sommes assis, puis nous nous étonnons de tomber. “Mais comment est-ce arrivé ?” demandons-nous, scie à la main, en chute libre.
Darwin Awards cosmique, édition planétaire.
Le wood wide web (non, ce n’est pas une faute de frappe)
Les scientifiques ont découvert que sous les forêts existe un réseau fongique géant qui connecte les arbres entre eux. Les arbres s’entraident, se nourrissent mutuellement, se préviennent des dangers. Ils ont créé un internet naturel bien avant nous.
Pendant ce temps, nous utilisons notre internet artificiel principalement pour regarder des vidéos de chats et nous engueuler sur la forme des nuages.
Les arbres, eux, ont compris qu’ils sont des cristaux de la même banquise. Nous, on préfère faire comme si on était des icebergs solitaires voguant vers nulle part.
Techniquement, les arbres sont plus intelligents que nous. Laissez cette information imprégner votre cerveau un instant.
Chercher ses lunettes sur son nez
Nous passons notre vie à chercher notre place dans l’univers, notre connexion au cosmos, le sens de l’existence. Des bibliothèques entières sont consacrées à cette quête.
La réponse ? Nous SOMMES l’univers. Nous sommes littéralement l’univers en train de se regarder lui-même avec des yeux temporaires.
C’est comme chercher partout ses lunettes alors qu’on les a sur le nez depuis le début. Sauf qu’au lieu de lunettes, c’est notre identité cosmique. Et au lieu de deux minutes de recherche, ça fait 10 000 ans qu’on cherche.
On devrait peut-être consulter un ophtalmologue existentiel.
Instructions pour cristaux conscients
Alors, que faire de cette révélation que nous sommes tous des cristaux de la même banquise ?
Déjà, arrêter de se comporter comme des icebergs asociaux serait un bon début. Comprendre que polluer l’air, c’est se polluer soi-même. Que détruire une forêt, c’est se couper un poumon. Que faire disparaître les abeilles, c’est saboter sa propre alimentation.
C’est du niveau de logique élémentaire. Genre, cours préparatoire de la survie planétaire.
Ensuite, peut-être pourrions-nous commencer à regarder ce qui nous entoure différemment. Cette abeille agaçante ? C’est vous, sous une autre forme. Cet arbre que vous trouvez banal ? C’est votre cousin cristallin qui fabrique votre oxygène gratis depuis des décennies sans jamais se plaindre.
Et enfin, accepter l’évidence hilarante : nous sommes des morceaux de Terre qui se posent des questions sur la Terre. C’est comme si votre main gauche organisait une conférence pour comprendre ce qu’est un corps humain.
Conclusion : Sauver la planète (ou nous sauver nous-mêmes, c’est pareil)
Arrêtons de dire qu’il faut “sauver la planète”. La Terre s’en fiche royalement de nous. Elle a survécu à des collisions d’astéroïdes, des éruptions volcaniques apocalyptiques, des glaciations globales. Elle nous survivra sans problème.
Ce que nous essayons de sauver, c’est nous-mêmes. Et tous les autres cristaux avec lesquels nous partageons cette banquise.
Parce qu’une banquise sans cristaux, ça n’existe pas. Et des cristaux sans banquise, ça fond.
C’est mathématiquement évident, poétiquement beau, et urgemment nécessaire.
Nous sommes tous les cristaux d’une même banquise. Alors peut-être pourrions-nous arrêter de nous comporter comme des glaçons dans un verre de whisky qui aurait oublié qu’ils viennent tous du même bac à glaçons.
Fin du service public d’annonce cosmique.
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La banquise vous remercie
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