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blog:germaine_notre_fauve_a_deux_pattes

Le rituel matinal de Germaine

Chaque matin, c'est le même cérémonial. J'ouvre la porte de la cage à chat - oui, vous avez bien lu, une cage à CHAT - et Germaine en sort avec l'assurance d'une reine qui quitte ses appartements privés.

Germaine, c'est notre poule. Enfin, “notre” poule… disons plutôt que je suis son majordome attitré, celui qui lui ouvre et ferme la porte de sa suite climatisée.

Le soir venu, mademoiselle rentre d'elle-même dans sa cage. Pas besoin de la poursuivre dans le jardin, pas de négociations, pas de stratagèmes. Elle a parfaitement compris le deal : dedans, il fait chaud, personne ne la mange, et le petit déjeuner est garanti. Dehors la nuit, il fait froid et on ne sait jamais ce qui rôde.

Germaine n'est pas dupe. Elle a fait ses calculs, évalué le rapport risques-bénéfices, et conclu qu'une cage à chat dans une maison valait mieux qu'un poulailler exposé aux intempéries et aux prédateurs nocturnes.

Certains matins, quand j'ouvre la porte, elle me regarde avec cet air qui semble dire : “Ah, déjà l'heure ? Bon, si tu insistes…” Et elle sort, tranquillement, en inspectant les lieux comme si elle vérifiait que tout est en ordre.

Le plus drôle, c'est d'expliquer aux visiteurs pourquoi il y a une cage à chat dans le hall. “Ah non, ce n'est pas pour le chat. C'est pour la poule.” Les regards perplexes valent leur pesant d'or.

Germaine a inversé le paradigme : elle n'est pas prisonnière, elle est locataire. Et apparemment, elle a trouvé que le loyer (quelques graines et un peu de liberté diurne) était tout à fait raisonnable.

Voilà comment une simple poule m'a appris qu'intelligence et pragmatisme ne sont pas l'apanage des humains. Chaque matin, en libérant cette fauve à deux pattes de sa prison volontaire, je me demande : qui, de nous deux, a vraiment domestiqué l'autre ?

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blog/germaine_notre_fauve_a_deux_pattes.txt · Dernière modification : de Nicolas Pettiaux